Le regard de la Fauvette des jardins

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Dans les haies de ronces et de pruneliers, volète d'une tige rabougrie à une autre, une Fauvette des jardins. Elle alerte en me voyant et lance son cri d'agacement. Je venais juste lui rappeler qu'elle manquait à l'appel et qu'elle devrait descendre dans le sud, le sud du sud vers la mystérieuse Afrique pour ne pas être piégée par la fraîcheur qui peut se muer en froidure d'ici quelques semaines... Elle me regarde et gobe une après une des mûres quelque peu noircies par la pluie et la fraîcheur des matinées d'octobre. Elle n'a que faire du temps, elle vogue de branche en branche, s'éloigne, me jette un regard complice et semble me dire " Ne t'inquiète pas ami humain! Demain... je serai ailleurs...Vagabonde de toujours et de partout".

 

En rentrant chez moi, je pensais que j'allais sous un toit, au chaud, que mon repas était assuré, ma quiétude garantie!  Mais, mon imagination ne put gommer une certaine culpabilité liée à cette rencontre quasi philosophique! La Fauvette des jardins vivait cette "âpre liberté" dont parlait mon cher Rimbaud.

 

Il fallait qu'elle trouve gîte et couvert un peu partout; rien n'était acquis, rien n'était sûr. Et, paradoxalement, tout était possible : un maigre repas sous les ramures d'un vieux cèdre ou un festin sous un pommier à moitié nu! 

 

L'aiguillon du bonheur vibre et confirme son instabilité automnale sous la bise du soir !

 

Je rêve encore de la portée de cette pensée !



05/10/2024
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